La gestion de crise - Guide pratique
Qu'est-ce que moi, patron d'une entreprise, je dois faire en cas de crise ?
Lorsqu’un Etat gère une crise, telle que nous la vivons, il dispose de moyens et de ressources sans commune mesure avec ceux d’une entreprise. Nous croyons que mettre en place un dispositif de gestion de crise c’est compliqué et fastidieux. Détrompez-vous ! Sur la base de modèles utilisés dans des situations extrêmes (antiterrorisme et sécurité) et de nos expériences de telles crises nous vous présentons 4 étapes simples à utiliser.
- Cellule de crise
Différencier la conduite d’une entreprise et la gestion d’une crise, c’est le premier principe. Créer une cellule de crise c’est tout simplement rassembler autour de vous les meilleures compétences de votre entreprise – même si ce n’est qu’une personne. Réfléchir à deux c’est toujours mieux que tout seul. Il s’agit pour cette cellule de crise de prendre les mesures urgentes et décider les actions à mettre en place. De la fermeture de l’entreprise à la reprise des activités jusqu’au retour à une situation normale cette équipe choc doit être digne de confiance. Elle doit faire preuve de leadership, de fermeté, d’énergie, d’un sens de l’innovation et de sociabilité. La particularité d’une cellule de crise c’est sa capacité à adopter un leadership autocratique : elle dirige voire impose. Elle porte une responsabilité et elle se doit de l’assumer. Elle dispose d’un droit décisionnel ce qui implique impérativement la présence du capitaine du navire : « le patron ». Les avis sont partagés, entendus, écoutés et compris jusqu’à la décision finale prise par celui-ci.
La force d’une cellule de crise, c’est sa capacité à sortir la tête du guidon et de l’émotionnel. Elle analyse les événements avec calme, sérénité, une cohésion au sein de l’équipe et surtout une très grande discipline. Et elle communique en permanence sur la situation actuelle, son évolution et les perspectives de l’entreprise.
- Analyse
La force d’une cellule de crise, c’est sa capacité à sortir la tête du guidon et de l’émotionnel. Elle analyse les événements actuels et à venir, avec calme, sérénité, objectivité et bon sens.
C’est à ce niveau que se fait l’analyse des risques. En fonction de la situation, de l’environnement, des ressources humaines et des moyens (matériel, financier notamment) l’analyse permet de développer au moins 2 variantes d’actions : le plan A et le plan B. Une question essentielle dans cette analyse du risque, c’est le facteur temps : si la crise dure 3 semaines, 3 mois ou 6 mois, les ressources humaines et les moyens vont être impactés différemment. Il s’agit donc de préserver ses forces et gérer au mieux ses réserves.
- Décision
Sur la base des variantes A et B, le choix se porte pour la meilleure des deux. La prise de décision est certainement le point central de la gestion d’une crise. Et c’est là que cela devient compliqué car il s’agit de mesurer les effets de la décision, à court, moyen et long terme. Décider est une compétence du leader. Les plus grandes erreurs de conduite, ce sont la non décision, les hésitations, la peur de se tromper, les demi-mesures diplomatiques. Décider demande du courage. Les enjeux majeurs que sont la sécurité des collaborateurs et la pérennité de l’entreprise nécessitent des décisions cohérentes et fermes.
- Préparation
Tout en gérant la crise, il s’agit en plus de préparer demain. Cette préparation comprend 3 niveaux : la reprise des activités, le retour à une situation normale et la vision. La cellule de crise travaille sur les événements actuels ainsi que sur ce qui va ou peut se passer dans les prochains mois. Cette capacité de vision nécessite également des compétences au sein de la cellule. Fixer une date de retour à la normale permet de déterminer un calendrier qui va s’adapter en fonction de l’évolution de la situation.
Est déterminante, dans un processus de crise, la capacité du capitaine du navire à communiquer, tant à l’interne qu’à l’externe. Il parle avec conviction, orienté solution, avec le charisme qui doit être le sien et il rassure.
Prenez soin de vous et de vos collaborateurs. Respectez les consignes de sécurité.
Courage et confiance. Bon vent !

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